Pari réussi, sur un Paris endormi

Décembre 2015.

Si les toiturophiles sont toujours heureux lorsqu’ils parcourent les toits de zinc de la capitale, certains lieux les font plus rêver que d’autres. Certains bâtiments font partie des sommets à gravir au moins une fois dans sa vie de chat du soir. Ces édifices sont comme des invitations impossibles, des challenges palpitants qui font vibrer n’importe quel coeur épris de liberté et d’émerveillement. On savoure à l’avance la vue que l’on aurait de là-haut, on se dit  »Qu’un jour, on le fera ». On envie ceux qui l’ont déjà fait et on s’imagine debout là-haut, l’âme libre comme le vent et les yeux pétillants. Le Louvre est probablement l’un de ces grands objectifs de la communauté des grimpeurs de toits.

Puis un jour, on se lance! On trouve la faille. On passe à l’action. On évalue les risques. Pas les risques de chutes. Les risques d’être rattrapés par les gardiens de la Paix, qui viendraient briser celle que l’on ressent lorsqu’on est assis sur une cheminée devant un Paris endormi et illuminé. Le challenge est d’autant plus grand lorsque nous sommes en plein état d’urgence et que désormais, une ombre sur un toit, risque de réveiller des peurs glaçantes chez un témoin lambda, à mille lieux de s’imaginer que l’on puisse se balader sur  les toits, juste parce que c’est Beau! Des ombres sur les toits d’un monument classé, c’est, si elles sont repérées, le risque de voir débarquer une équipe de robocops qui  viendra nous déloger sans ménagement de notre promontoire luxueux.

Mais ce soir-là, chers amis, rien de tout cela n’est arrivé. Notre trio a réussi sa mission et nous avons pu nous balader paisiblement et pendant plusieurs heures sur le toit du musée le plus visité au monde. Ces instants furent magiques. Marcher sur les toits du Louvre en pleine nuit, c’est vivre un rêve éveillé. C’est vivre l’improbable, c’est pouvoir se dire « je l’ai fait » et c’est savourer ces instants de gloire  gravés à jamais dans nos coeurs vagabonds.  Au bout d’une heure de balade entre échelles, passerelles, toits, murets, sculpture et cheminées… nous réalisons à quel point tout cela fut facile. Cela semblait même trop simple pour être vrai. Mais après avoir balayé du regard les alentours et tendu l’oreille, nous constatons que nous sommes bien seuls sur ce bâtiment, pourtant si bien gardé à l’intérieur. Nous apercevons même, à travers les verrières, les torches des gardiens circulant dans le musée. L’exploration se poursuit.  Un vent froid de décembre souffle sur Paris et traverse nos vêtements. Mais une brise fraiche n’est pas pour décourager des esprits bouillants de curiosité et de plaisir. Carpe Diem !

Sur ce sommet historique, nous avons le privilège d’observer de près les sculptures dont le détail et la beauté imposent le respect. Nous passons devant quelques gargouilles qui veillent sur leur territoire, mais nous laissent passer, heureuses peut-être, d’avoir de la compagnie ce soir. Et puis, quelle joie de se dire que nous marchons à quelques mètres au-dessus de Mona Lisa, de la Venus de Milo, des sarcophages égyptiens, des poteries grecques millénaires, des peintures d’Arcimboldo, de Boticelli, de Delacroix ou de Rembrandt… Nous avons sous les pieds des oeuvres d’art dont la valeur dépasse l’imagination. Mais ce qui est le plus précieux ce sont ces instants que nous vivons et le cadre le plus beau, c’est celui que nous voyons s’étendre sous nos yeux.

Lorine

Merci à Rémi et Arthur pour ces moments partagés là-haut !

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