La Nuit au Musée

Lille, un soir de mai. 22h.

Une longue et haute palissade protège le chantier du Musée. Infranchissable forteresse. Pourtant, un an auparavant, j’avais réussi, avec deux amis, à atteindre le toit sans éveiller les soupçons du gardien. Mais entre temps, les murs du chantier ont été rehaussés, la sécurité renforcée. J’étais pourtant bien décidée ce soir, à renouveler l’expérience avec mon complice lillois.

Des panneaux criards cloués sur les palissades de métal indiquent en grosses lettres que le chantier est sous vidéosurveillance et qu’il est gardienné.

Je sais par expérience que si nous passions par le chantier (sous réserve de réussir à franchir le « mur » de métal), nous déclencherions une alarme stridente et le gardien bondirait hors de sa cabane pour mettre la main sur celui qui aurait eu l’outrecuidance de pénétrer sur « son » terrain.

« Pour entrer dans un musée la nuit, il faut penser comme un voleur…« .  Comment ferait-il pour entrer sans se faire repérer ? Il irait au plus simple… Voleurs d’instants que nous sommes, nous faisons appel à la logique et à l’imagination….

Nous entreprenons alors un tour de l’enceinte pour balayer des yeux et analyser l’ensemble du bâtiment et de son parc. Rapidement, nous nous rendons à l’évidence: le seul moyen d’accéder au toit et d’emprunter l’échafaudage. Soit. Nos nombreuses expériences d’escalade de toits, nos connaissances en surveillance de chantier, acquises sur le terrain, et notre détermination finiront par nous porter au sommet sans déclencher la moindre alarme.
Et c’est avec le sourire de la victoire sur les lèvres que nous visitons les toits du Palais des Beaux Arts… Déambulant silencieusement le long des murets pierres, passant au plus près des statues, nous avons le plaisir d’admirer une vue unique sur la Place de la République

Et ce soir mes amis…Nous avons quelque peu repoussé les limites de la toiturophilie en décidant de nous introduire…à l’intérieur du Palais des Beaux Art ! Nous découvrons, au cours de la balade, une entrée discrète: sous les combles faiblement éclairés, nos torches laissent apparaitre des faisceaux lumineux de poussière. Des passerelles métalliques longent les murs et disparaissent dans l’obscurité. Eveillées par cette improbable aventure, nos âmes d’enfants nous chuchotent à l’oreille de poursuivre l’exploration. Nous suivons alors les passerelles, montant une échelle, franchissant une porte usée par le temps, redescendant quelques échelons… Nous finissons par tomber sur un escalier de pierre, en colimaçon. Où mène-t-il… ? L’escalier est éclairé. Nous amorçons la descente sans bruit, l’oreille aux aguets. Il semble interminable… »On va se retrouver à la cave », chuchotai-je à mon acolyte. Enfin, l’escalier s’arrête. Devant nous, une porte de barreaux noirs nous stoppe. Derrière elle….une salle du musée ! A quelques mètres de nous dorment des oeuvres d’arts. Nous sommes bel et bien à l’intérieur de l’édifice… Nous prenons quelques clichés, pour immortaliser la victoire. Puis, la réalité nous rattrape. Nous avons croisé deux détecteurs de mouvement dans l’escalier. Les gardiens sont peut-être informés d’une intrusion. La police nous attend-elle au pied du Musée ? Nous prenons rapidement le chemin du retour…Mais dehors, la circulation s’est ralentie, personne ne semble nous attendre.

Et c’est non sans fierté que nous quittons le Musée, en lui promettant de revenir bientôt…

 

 

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